Motricité libre (Pikler-Loczy)

A la crèche Baby Montessori, nous n’avons PAS de transat, PAS de chaises hautes, PAS de youpala et PAS de poussettes où nous laissons l’enfant coincé ou attaché à longueur de temps. Chez nous, les enfants sont libres de leurs mouvements et tant qu’il ne tiennent pas assis, ils mangent confortablement installés sur les genoux des éducatrices.

Nous appliquons les principes de motricité libre d’Emmi Pikler, plus connus sous le nom de Loczy. Nous posons le bébé sur le dos, tant qu’ils ne sait pas se tourner sur le ventre par lui-même.

 

Comme l’explique Myriam Rasse, directrice (directrice de l’association Pikler-Loczy), « cette position sur le dos est celle qui permet le plus de détente (absence de tension pour soutenir sa tête) et le plus de possibilités d’activités propres à cet age (tourner sa tête, mouvoir ses jambes, ses pieds, ses bras et ses mains, bouger son tronc).

 

Un enfant ne sera jamais mis dans une position qu’il ne sait déjà prendre de lui-même (on ne le mettra pas assis, ni debout avant qu’il ne le fasse de lui-même), on ne lui apprend pas à acquérir ces postures : il les découvre de lui-même, à partir de sa maturation neurologique et au gré de ses intérêts et de son désir d’expérimenter un nouveau mouvement. L’enfant essaie de nouveaux exercices, non pas poussé par un adulte qui attendrait de lui performances et précocité, mais parce qu’il se sent prêt à explorer une nouvelle possibilité, il en a envie et s’en perçoit capable.

 

L’utilisation d’accessoires, de même que l’intervention directe de l’adulte dans l’acquisition de certains mouvements résulte souvent de l’inquiétude des adultes ( » si on n’apprend pas à marcher à notre enfant, il ne saura jamais marcher tout seul « ) ou d’un souci de fortifier les muscles et de lui faire faire des exercices moteurs. Or, toutes ces aides que l’adulte pense apporter à l’enfant entravent un développement harmonieux de sa motricité en provoquant des crispations empêchant la coordination de l’ensemble des parties du corps.

 

E. Pikler a constaté chez tous ces nombreux enfants qui ont développé leur motricité de façon spontanée et par leur activité autonome, l’apparition successive de postures fondamentales. De plus, tous ces mouvements libres de l’enfant sont eux-mêmes autant  » d’exercices de gymnastique  » qu’il expérimente puis maîtrise peu à peu, et ce sont ces exercices répétés des centaines de fois qui vont permettre à l’enfant de découvrir l’organisation dynamique globale de son corps, de ses différents muscles et ainsi le préparer peu à peu à toutes les positions successives de plus en plus complexes dont finalement les postions assise et debout.

 

Alors que l’enfant assis dans une chaise ou calé avec des coussins, avant qu’il ne sache s’asseoir de lui-même, va se trouver  » cloué  » sur place, immobilisé, réduit à une même et unique posture ; il ne pourra même pas jouer avec des objets car son équilibre est si précaire qu’un mouvement pour attraper un jouet tombé va le déséquilibrer. Ces enfants mis dans des positions qu’ils ne maîtrisent pas, restent tributaires de l’adulte malgré leur agilité et leur mobilité grandissantes dans d’autres postures, déjà maîtrisées.


Cette maîtrise de leur motricité se répercute sur le développement de toute la personnalité de ces enfants et influence leur développement psychique
: ils acquièrent l’assurance dans leur corps ainsi que la prudence et apprennent à réagir avec adresse aux incidents inattendus et chutes qui peuvent accompagner leurs jeux.

Ces mouvements participent à la construction d’une sécurité intérieure et d’une conscience de leur propre valeur, de leur compétence ; en expérimentant et découvrant leurs possibilités motrices, ces enfants développent un esprit d’initiative, une curiosité et un intérêt pour la découverte du monde, ils font preuve d’attention et de persévérance dans leurs tentatives ; ils découvrent le plaisir de l’activité riche, autonome et éprouvent un sentiment de réussite. »

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